Considéré comme un « hot spot » climatique, la Mer Méditerranée est la deuxième zone du globe à subir le plus l’impact du réchauffement climatique.

Il existe de nombreux facteurs aggravants expliquant cela !

Un réchauffement hors-normes

La mer méditerranée est une mer fermée : alors qu’il faut 3000 fois plus de calorie pour chauffer des mers que pour chauffer des terres, la Méditerranée se chauffe plus vite que n’importe quelle autre mer de la planète. Elle s’est réchauffée de près de 1°C au cours des 25 dernières années (contre 0.8° de moyenne pour les océans) et ce réchauffement pourrait selon le GREC Sud atteindre 2,5° d’ici la fin du siècle.

Comme les autres mers et océans, la mer Méditerranée joue un rôle de puit carbone en absorbant du CO2 atmosphérique ainsi que l’excès de chaleur résultant de l’augmentation de l’effet de serre. Cette absorption limite le réchauffement de l’atmosphère, mais perturbe la chimie de l’eau provoquant son acidification.

Toutefois, sur terre, ce phénomène amplifie l’assèchement des terres et augmente les phénomènes méditerranéen, ce qui explique l’abaissement du nombre de jour de gel sur la région et l’augmentation des jours de chaleur.

 

Des changements déjà perceptibles

Selon une étude de Météo France pour ORECA, entre 1960 et 2015, le nombre de journées très chaudes est passé de l’ordre de 15 jours à Hyères et à 40 jours à Aix-en-Provence à respectivement 22 jours et 58 en moyenne actuellement.

On constate ce même phénomène pour les nuits tropicales qui passe à Hyères de 2 nuits dans les années 60 à 18 nuits actuellement et à Aix-en-Provence de quasiment aucune nuit à 9 nuits.  Le nombre de jours de gel a également diminué, passant à Hyères, de 13 jours dans les années 60 à 7 jours et d’une cinquantaine de jours à environ 40 actuellement sur Aix-en-Provence.

Enfin, si le nombre de jours anormalement chauds est nul à Hyères sauf pour l’année 2011 (6 jours), il croît à Aix-en-Provence de quasiment 0 dans les années 60 à environ 15 jours actuellement.

 

Une pollution alarmante

La Mer Méditerranée à un taux de pollution hors norme, lié à une forte activité industrielle, touristique et de transport. Selon l’Ifremer, plus de 200.000 tonnes de déchets plastique sont jetés dans la mer Méditerranée.

La Mer Méditerranée est une des zones les plus polluée de la planète : elle détiendrait des concentrations quatre fois plus élevées de microplastique au kilomètre carré que le 7e continent (deuxième zone la plus polluée de la planète), ce qui ferait d’elle la mer la plus polluée au monde.

Selon WWF, les 22 pays ont leur part de responsabilité, mais l’Egypte (42,5% de plastique laissé dans la nature), La Turquie (18,9%) et l’Italie (7,5%) rejettent à eux 3 les 2/3 des déchets rejetés en mer. Pourtant, la France n’est pas épargnée, la côte marseillaise et la Corse étant considérés comme des « hot-spot plastiques ». L’association Expédition MED a effectué des prélèvements sur plusieurs spots entre les côtes de PACA, la Corse et l’Italie et constate une présence des plastiques dans tous les prélèvements effectués en mer.

En 2019, entre la Corse et l’Ile d’Elbe, il se serait même formé une « ile » de plusieurs kilomètres de déchets plastiques flottant à la surface de l’eau…

 

Une population fragilisée

Avec sa forte densité démographique, la région PACA est, après Paris et sa région, la 3ème zone la plus peuplée de France alors que les zones alpines (les Hautes-Alpes et les Alpes-de-Haute-Provence) ont une densité très faible (respectivement 25 et 23 habitants au kilomètre carré).

Avec des phénomènes climatiques accentués, entre inondations spectaculaire et des incendies importants, la population de PACA est considérée dans l’avenir comme la population française pouvant subir le plus les effets du changement climatique.

Si les images de la Vésubie et la Roya en 2020 a marqué les esprits, en aout 2021, il est tombé 81,3 millimètres d’eau à Vauvenarge (ce qui équivaut à trois mois de précipitations),  52,2 millimètres à Trest et entre 100 et 150 millimètres d’eau au m2 sur des lieux localisé comme à Pignans dans le Var. Et côté incendies, 70% de la surface de la PACA a brulé lors de ces 30 dernières années.